De la légende à la réalité

Posted in biographie d'Allan Stocker avec des tags , , , on mars 7, 2009 by allan stocker

Allan Stocker vécut durant la deuxième moitié du XXe siècle en Europe, puis aux Etats-Unis. Issu d\’une famille d\’artistes peintres et de musiciens nomades, il sillonne l\’Europe durant son enfance. De communauté en communauté, il apprend alors les lois de la nature et acquiert des rudiments de guitare et de chant. Il devient dès son enfance le vecteur d\’un chant errant. Sa mère, psychologiquement instable, est au centre de l\’œuvre d\’Allan Stocker.

Il la suivra quand elle quittera l\’Europe pour les Etats-Unis, errant sur la route des travaux saisonniers. Tous les deux s\’enfoncent dans l\’alcool et la drogue (ou plutôt les drogues), qui trouvent alors, avec le mouvement psychédélique, un nouvel essor dans une Amérique des années soixante-dix en plein boum industriel.

A la mort de sa mère, Allan Stocker reçoit pour tout héritage une vieille guitare baryton. Se retrouvant seul, il alterne courtes peines de prison, pour détention de stupéfiants, et séjours en hôpital psychiatrique auxquels il se rend généralement de lui-même. Ces expériences d\’enfermement font intégralement partie du processus de création d\’Allan Stocker et de son éternelle quête du silence. Son oeuvre témoigne de ces tentatives pour se stabiliser et mettre fin à son errance. Les circonstances de sa mort sont troubles. Toujours est-il qu\’elle intervint peu de temps avant son premier concert, officiellement programmé en duo avec Martin Bauman sous le nom The Broken Freaks.

Analyse de My Friend

Posted in sémiologie de l'oeuvre avec des tags , , on mars 7, 2009 by allan stocker

My friend (1961)

 

 You know that I can do no harm

You know that I can’t be a liar

Oh won’t you please drop my tears away

 

Can you weave the threads of time

Interlace, you’re full of grace

Can you turn into blue

The days I spend with you

 

Can you spin the weave of life

Roll it slowly, take a day

Make it bright, oh I mean beautiful

Like a picture on the wall.

Cette chanson a été écrite par Allan Stocker en 1961 lors de son passage sur la côte atlantique française. Ce morceau est une métaphore filée où se mêlent les liens de l’amitié et les fils utilisés par les pêcheurs pour rapiécer leurs filets. Allan Stocker écume les ports, de Bordeaux jusqu’à Dunkerque, se produisant dans de petits pubs marins où il est soutenu et encouragé à la création. Il y travaille également ponctuellement comme serveur, videur de poissons, cordelier, prêcheur à la ligne, afin de mettre un peu d’argent de côté pour financer sa traversée vers les Etats-Unis.

Entre l’image de la vieille reprisant les filets, hautement symbolique d’une Pénélope attendant le retour de l’êtré aimé, et celle des pubs enfumés où se nouent des amitiés pêcheresses, pour Allan Stocker il n’y a qu’un pas. My Friend, ayant été écrit à l’intention de Ronan Leverech, résonne comme une déclaration d’une rare sincérité envers un ami et mécène qui l’accueilla de février à mai 1961.